Mon client dépend d’un marché public : que faire face à 200 jours de délai ?
Le circuit de paiement de l’État est hors de votre contrôle. Vous contrôlez quatre choses : un dossier complet dès le premier dépôt, la date de paiement écrite dans votre propre contrat, le montant maximal que vous acceptez de laisser dehors, et un suivi qui sait où se trouve chaque facture.
Si votre client travaille pour l’État, son retard devient le vôtre. Le problème n’est pas nouveau, mais il s’est aggravé, et il touche aujourd’hui toute la chaîne : entreprise générale, sous-traitants, fournisseurs.
Combien de temps l’État met-il à payer ses prestataires ?
En 2025, l’État camerounais a mis plus de 200 jours à régler ses prestataires, contre 120 jours en 2023 et 160 jours en 2024. Le chiffre a été présenté par la direction de la Trésorerie du ministère des Finances lors d’une réunion de coordination le 6 février 2026, et rapporté par Financial Afrik le 26 février 2026.
Une part importante des paiements de l’année se concentre sur le mois de décembre.
Quand le premier maillon paie à 200 jours, toute la chaîne attend. L’entreprise générale attend l’État. Le sous-traitant attend l’entreprise générale. Le fournisseur attend le sous-traitant. Vous ne changerez pas ce circuit. Vous pouvez changer votre place dans la file.
1. Déposez un dossier complet du premier coup
Un dossier renvoyé pour une pièce manquante repart en bas de la pile. Tenez une liste des pièces exigées par chaque client et faites-la cocher avant chaque dépôt :
- la facture porte le bon numéro de bon de commande ;
- le bon de livraison ou le procès-verbal de réception est signé et daté ;
- les coordonnées de paiement sont à jour ;
- les pièces propres à ce client sont toutes jointes ;
- vous gardez une preuve de dépôt datée.
Cinq minutes de contrôle évitent souvent plusieurs semaines d’attente.
2. Écrivez votre propre date de paiement
Si vous êtes sous-traitant, votre débiteur est l’entreprise qui vous a commandé le travail, pas l’État. Lisez votre contrat : si votre paiement est conditionné au paiement de votre client par l’État (« payé quand payé »), négociez une date butoir au-delà de laquelle la somme est due quoi qu’il arrive. Sans date écrite, il n’y a pas de retard : il y a seulement un client qui attend son propre client.
3. Facturez par étapes
Un acompte au démarrage et une facture à chaque étape validée réduisent le montant exposé. Une seule facture en fin de chantier concentre tout le risque sur une date que vous ne maîtrisez pas.
4. Fixez un plafond d’encours par client
Décidez à l’avance du montant maximal qu’un client peut vous devoir. Au-delà, la commande suivante attend un règlement. Ce plafond se décide à froid, pas le jour où le client vous demande « juste une dernière livraison ».
5. Suivez chaque facture par étape
Déposée, validée, ordonnancée, payée : notez l’étape et la date dans votre balance âgée. Votre relance devient précise. « Où en est la validation de la facture du 12 ? » obtient une réponse ; « quand payez-vous ? » n’en obtient pas.
Exemple chiffré
Exemple fictif. Un sous-traitant en second œuvre facture 6 000 000 FCFA à une entreprise générale qui attend elle-même l’État. En une seule facture de fin de chantier, les 6 millions restent dehors pendant toute l’attente. Avec un acompte de 30 % et deux factures d’étape, il ne lui reste que 2 000 000 FCFA exposés au moment de la réception.
Que faut-il retenir ?
L’essentiel tient en quelques points :
- Le délai de l’État, vous le subissez ; votre place dans la file, vous la gérez.
- Un dossier complet au premier dépôt est le geste le plus rentable.
- Une date butoir écrite protège le sous-traitant d’un « payé quand payé » sans fin.
- Facturation par étapes et plafond d’encours limitent l’argent exposé.
Pour chiffrer ce que ce délai vous coûte, utilisez le calculateur, ou réservez le diagnostic gratuit de 45 minutes.
Information générale, pas un conseil juridique. Une procédure relève d’un avocat ou d’un huissier.