BTP
Impayés dans le BTP au Cameroun : où l’argent se bloque
Par Noé Mbwang · Publié le
Dans le BTP, l’argent se bloque à trois endroits : les situations de travaux qui attendent leur validation, la retenue de garantie qu’on oublie de réclamer, et les travaux supplémentaires faits sans ordre écrit. Une situation mensuelle signée, une date de libération notée pour chaque retenue et aucun supplément sans ordre chiffré règlent l’essentiel.
Où l’argent se bloque
- Des situations de travaux qui attendent la validation pendant des semaines. Tant qu’elle n’est pas signée, la situation n’est pas facturable, et le délai de paiement ne commence pas.
- La retenue de garantie, oubliée et jamais réclamée. Elle se libère des mois après la fin du chantier, quand l’équipe est déjà ailleurs.
- Des travaux supplémentaires faits sans ordre écrit ni avenant. Au moment de payer, le client les conteste, et vous n’avez rien pour les prouver.
Les clauses qui comptent
- Une situation mensuelle signée par le maître d’ouvrage ou son représentant, avec un délai de validation écrit au contrat.
- La date de libération de chaque retenue, inscrite au tableau de suivi, avec une relance à cette date.
- Aucun travail supplémentaire sans ordre écrit et chiffré. Une ligne au contrat suffit : tout supplément fait l’objet d’un ordre écrit signé avant exécution.
- La preuve de livraison : un PV de réception signé, avec un délai pour formuler des réserves.
Le modèle de conditions de paiement propose ces formulations, à adapter et à faire relire.
Exemple chiffré
Exemple fictif. Une entreprise de second œuvre facture 12 000 000 FCFA par mois de situations. Ses situations attendent en moyenne 20 jours avant d’être validées, puis sont payées à 45 jours : l’argent arrive 65 jours après les travaux. Si un délai de validation de 5 jours est écrit au contrat et respecté, elle gagne 15 jours, soit 12 000 000 ÷ 30 × 15 = 6 000 000 FCFA de trésorerie libérée.
Sur un marché de 40 000 000 FCFA avec une retenue de 5 %, 2 000 000 FCFA attendent la réception définitive. Une date notée dans le tableau évite qu’ils soient oubliés.
Information générale, pas un conseil juridique. Une procédure relève d’un avocat ou d’un huissier.